L'organisation des scéances

Elles durent environ 1h½

La première séance :

La thérapie ericksonienne s'attaque au symptôme, nous allons donc passer cette première séance à définir ce symptôme (= ce dont je souffre, ce qui me gêne pour avancer comme je le souhaite dans la vie...). Vous allez me raconter comment vous aimeriez vous sentir et nous allons ensemble définir votre objectif : pourquoi cette thérapie ? Certains veulent seulement se débarrasser du symptôme, d'autres veulent aller plus loin, ils ont déjà une vision de ce que sera leur vie après.

Car la thérapie ericksonienne est une thérapie de changement.

Puis, je vais vous poser toutes sortes de questions susceptibles de me permettre de comprendre comment vous fabriquez ce symptôme.  Peut-être en connaissez-vous déjà la cause, peut-être pas – ce qui a peu d'importance car celle-ci se révélera au cours de la séance d'hypnose s'il est nécessaire que vous en preniez conscience. Ce qui nous intéresse au cours de cette séance c'est comment vous en êtes arrivé là. Je vous ferai aussi passer un petit test dont je vous montrerai le résultat et nous déciderons ensemble, au vu de toutes ces informations, du contenu de la séance d'hypnose qui va suivre.

Car il n'y a pas deux scéances identiques. Il n'y a pas une technique par symptôme mais une technique par personne.

Parfois, je vous donnerai déjà quelques exercices à faire chez vous en préparation à la séance d'hypnose qui va suivre ou simplement pour commencer à gérer votre état. Par exemple, je donnerai à quelqu'un d'anxieux des exercices respiratoires et de visualisation à pratiquer régulièrement dès à présent.

La deuxième séance :

Elle est la suite de la première, son application. C'est une séance d'hypnose ou d'EMDR, au cours de laquelle, dans la plupart des cas, nous allons rechercher puis « nettoyer »  la « cause »  du symptôme ou apprendre à le gérer.

Prenons le cas d'une douleur récurrente ou chronique, on peut en rechercher l'origine si elle est psychosomatique et/ou pratiquer une analgésie hypnotique, qui sera suivie lors d'une prochaine séance, d'un petit cours d'auto-hypnose permettant au patient d'apprendre à continuer à contrôler sa douleur tout seul en toute indépendance ou entre deux séances s'il préfère continuer d'être accompagné.

Ces deux séances sont liées. Il vaut mieux les séparer de quelques jours pour laisser au patient le temps de « digérer» la première avant de passer à la seconde. D'autant que le travail interne commence souvent dès cette première prise de contact au cours de laquelle le thérapeute interroge, pointe du doigt certains événements, met de l'ordre aussi dans l'histoire du patient ; cette anamnèse et le résultat du test peuvent amener le patient à repenser sa vie toute entière.

En cas de force majeure, si le patient habite loin par exemple et doit prendre le train ou l'avion, on peut  faire les deux séances à la suite l'une de l'autre – c'est un peu fatiguant mais c'est faisable.

les séances suivantes :

Elles sont séparées d'environ un mois. C'est le temps qu'il faut compter pour qu'une séance d'hypnose ait le temps de donner l'essentiel des résultats escomptés. Ceci est une moyenne. Certaines personnes vont changer immédiatement, c'est rare mais ça arrive. D'autres devront attendre de longues semaines avant que les choses se transforment d'un coup ; d'autres encore vont évoluer régulièrement, parfois  au-delà d'un mois, et ces dernières auront du mal à noter la transformation tant elle  est progressive.

Les deux premières séances sont évidemment indispensables. Les suivantes sont à l'appréciation du patient. Il est le seul savoir ce qui va se passer ensuite et de quoi il aura besoin et quand. Si les séances suivantes sont réservées à l'avance pour des impératifs d'agenda, il a tout loisir de les annuler s'il estime que le problème est réglé ou s'il a besoin d'un temps supplémentaire pour expérimenter sa nouvelle vie. S'il revient, il a auparavant fait l'état des lieux et réfléchi sur ce qu'il attend de cette prochaine séance.

Le thérapeute ericksonien répond à la demande du patient, il s'abstient de décider ce qui est bien pour lui.

La thérapie ericksonienne est un travail d'équipe entre le thérapeute et le patient.

Pour utiliser une métaphore commune : lors de la première séance, le patient désigne le caillou (ou symptôme) qu'il a dans sa chaussure et qui l'empêche de marcher comme il le souhaite. La deuxième séance s'emploie à extraire les cailloux. Après quoi, dans le meilleur des cas, le patient repart vivre sa vie sans caillou. C'est une expérience différente et parfois il est bon qu'il la vive sans intervention de l'extérieur. Et ce n'est parfois qu'après avoir marché un moment que le patient peut éventuellement se rendre compte que sa chaussure était également trop petite. Il revient alors vers le thérapeute, fort de son expérience, et conscient de la nécessité d'agrandir cette chaussure.

Chaque séance, vise à la résolution d'un symptôme. Parfois, deux ou trois sont nécessaires, tout dépend des compétences du thérapeute bien sûr, mais aussi de l'âge du patient et de son aptitude à « jouer le jeu ».

J'ai remarqué que souvent, ceux qui ont beaucoup pratiqué l'analyse, mettent plus de temps à changer « spontanément ». Comme s'ils se sentaient contraints de passer par l'intellect ce qui devrait passer directement par le corps.

Je viens de décrire le traitement d'un symptôme. Il peut en aller autrement quand il s'agit d'une maladie chronique très avancée et/ou génétique.

Il arrive de devoir suivre un malade tout au long de sa maladie, pour lui apprendre à en gérer les effets sans pouvoir la guérir. Les séances seront alors plus régulières et systématiques, même si le but du thérapeute est toujours de rendre le patient le plus indépendant possible et capable de se gérer seul entre les séances, par l'apprentissage de l'auto hypnose par exemple ou de la cohérence cardiaque.

L'hypnose fait-elle perdre le contrôle de soi ?

C'est la question que l'on me pose le plus souvent : « est-il possible que je dise sous hypnose des choses que j'ignore moi-même, que je révèle des secrets ? »

Bien sûr, l'état d'hypnose permet d'aller retrouver des souvenirs anciens parfois oubliés. Et c'est souhaitable si ces souvenirs permettent à la personne de comprendre et résoudre le problème pour lequel elle est venue consulter.

Mais en aucun cas, l'hypnose peut vous faire révéler le numéro de votre carte bleue ou la forfaiture que vous avez commise un jour et dont vous étiez bien décidé à emporter le secret dans la tombe.

En d'autres termes, si consciemment, vous ne voulez pas dire, inconsciemment vous ne le ferez pas !

Je vous rappelle en effet, que nous travaillons en état de transe légère ou moyenne, votre esprit conscient est donc toujours présent et peut parfaitement faire le tri entre ce qui est exprimable et utile et ce qui ne l'est pas.

Par ailleurs, j'insiste toujours pour enseigner à ceux qui le désirent, la pratique de l'auto hypnose (cliquer ici pour voir le mode d'emploi). C'est une bonne manière de prendre le contrôle de sa vie sans avoir recours à une tierce personne. Vous disposez alors du mode d'emploi de votre cerveau et pouvez vous programmer, gérer vos états internes, ressentis et sensations, et améliorer vos performances quand bon vous semble.